Ouverture de Blaise Diagne en décembre Léopold Sédar Senghor va survivre mais…

02 - Novembre - 2017

Le porte-parole du Gouvernement, Seydou Guèye, a révélé que l’aéroport Léopold Sédar Senghor va survivre à l’ouverture de Blaise Diagne le 07 décembre prochain. Il sera cependant transformé en ‘’aéroport militaire’’, a-t-il dit sans plus de précisions. Evidemment, ceux qui plaidaient pour le maintien en activité de ce bijou historique sont satisfaits à moitié.

Satisfaits parce que l’aéroport va continuer ses acticités, et déçus parce que fermé au public au profit d’activités militaires.

Nous avons compris, par-là, que le projet de cité des affaires dont les études et mêmes les financements avaient été bouclés a été mis à l’eau. Là aussi, il importe d’être prudent car nous ne savons pas non plus si c’est vraiment le cas car il se peut qu’une partie de l’espace terrestre soit affectée aux activités commerciales avec le Maroc qui avait déjà fait tous les montages nécessaires.

Tout pour dire que la communication est floue à ce niveau. Comme elle est floue quant à l’évocation de l’activité militaire. Là aussi, nous ne savons pas non plus si c’est une base militaire ou un simple terrain d’atterrissage d’avions militaires.
Mieux, le Gouvernement ne nous dit pas non plus si l’usage sera exclusivement destiné à l’Armée nationale sénégalaise ou à celles d’autres pays avec lesquels nous avons des accords de défense, comme les Etats-Unis et la France ou les deux à la fois.

Il s’avère en effet que si les militaires français ont leur point d’ancrage à Dakar, il n’en est pas de même, officiellement, avec les militaires américains.

Or, les Etats-Unis ont un programme ambitieux militaire avec l’Afrique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l’insécurité et les trafics de toutes sortes.
Il s’agit de l’Africom dont la matérialisation de l’implantation sur le sol africain a toujours posé problème depuis sa création en 2008 par le Président Bush.

En 2016, après la signature des accords de défense avec le Sénégal, des voix s’étaient élevées pour dénoncer une intention de l’implanter au Sénégal. Ce que l’ambassadeur américain de l’époque, Zumwatt, avait démenti en précisant sur les ondes de la RFM que son pays « n’envisage pas d’établir une base militaire au Sénégal ».
Cette mise au point avait eu le don de faire taire les supputations, mais pas la crainte que cela soit le cas un jour car dans l’accorde de défense. Il est bien précisé, « une présence permanente » de militaires américains sur notre sol.
Du coup, l’extraordinaire position stratégique de Dakar par rapport au reste du continent et des Etats-Unis offre, ici, une opportunité à nulle part égale aux Américains.

De Dakar, il est facile de mener toutes les opérations terrestres, maritimes et aériennes possibles.

En conséquence, on peut se demander si le caractère lapidaire de la déclaration du Gouvernement Seydou Guèye ne cacherait pas une intention d’offrir LSS aux militaires étrangers dans le cadre de l’exécution des accords de défense.
Nous ne disons pas par-là que la coopération n’est pas utile et vitale en matière de sécurité surtout avec les pays qui sont plus de moyens que nous.
Mais ce que nous voulons préciser, c’est que le Sénégal doit toujours mener son action en intelligence avec la politique définie par l’Union africaine et par la Cedeao.

Nous ne pouvons pas faire cavalier seul, s’isoler pour offrir aux grandes puissances le blanc-seing qui leur fera penser qu’elles peuvent utiliser notre territoire pour des opérations dont les objectifs ne sont pas toujours clairs. Nous ne sommes plus à l’ère de la colonisation où le Sénégal a été le poste de conquête coloniale de nos voisins.

La coopération est utile certes, mais elle doit être d’égal à égal dans l’intérêt bien compris de deux pays.

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